La Danse Inclusive

« L’histoire de la danse est l’histoire sociale du monde »

Martha Graham

Pour comprendre la notion de danse inclusive, revenons sur la danse.

Dans la littérature, nous retrouvons de nombreuses définitions et interprétations de la danse.

«  La danse est l’art de mouvoir le corps humain constitué d’une suite de mouvements ordonnés, souvent rythmés par de la musique . »

« La danse peut être un art, un rite ou encore un divertissement. Elle exprime des idées et des émotions ou raconte une histoire. La danse a en général un rapport direct dans l’histoire avec les autres arts (musique, peinture, sculpture, etc.)

Le corps peut réaliser toutes sortes d’actions comme tourner, se courber, s’étirer ou sauter. En les combinant selon des dynamiques variées, on peut inventer une infinité de mouvements différents. Le corps passe à l’état d’objet, il sert à exprimer les émotions du danseur à travers ses mouvements, l’art devient le maître du corps. »

« La danse est le premier-né des arts. La musique et la poésie s’écoulent dans le temps ; les arts plastiques et l’architecture modèlent l’espace. Mais la danse vit à la fois dans l’espace et le temps. Avant de confier ses émotions à la pierre, au verbe, au son, l’homme se sert de son propre corps pour organiser l’espace et pour rythmer le temps. » (Curt Sachs, introduction à l’Histoire de la danse, Gallimard, 1938, p. 7.)

La danse n’est donc pas liée à l’état physique ou mental de la personne, la danse n’a pas de normes, elle est un langage universel qui peut naître et vivre en chacun de nous. 

Dans son histoire, la danse a été codifiée pour des personnes sans aucune restriction physique ou mentale et la personne dite « valide » est devenue la norme de la danse. 

La  danse inclusive est explorée la première fois en 1960 par Hilger Holger; elle a émergé pour ré-élargir la vision de la danse.

Elle a gagné en visibilité au cours des années 1980 où plusieurs compagnies de danse voient le jour à travers le monde. 

La danse inclusive prend et met en valeur les singularités de chacun afin que toute personne trouve le plaisir du mouvement dansé.  Elle est exemptée de toutes normes; en soit, la danse inclusive est la danse. 

La danse inclusive intègre plusieurs variantes :

– des cours de danse inclusive, de création chorégraphique où aucune directive technique n’est donnée et où seule la création collective compte.

– des cours de danse technique comme la danse classique, contemporaine, jazz, les danses standards latines, etc qui adaptent leurs mouvements mais respectent leurs règles. 

– des cours créés et adaptés pour certains handicaps spécifiques même si la plupart sont accessibles à tous.  

Depuis quelques années, la danse inclusive est devenue une raison sociale apparente. 

La société a pris conscience que toute personne a le droit de s’exprimer dans le monde artistique.  

L’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme en fait mention: 

Art 3. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. 

Art 28. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

En Belgique, La Fédération Wallonie Bruxelles de Danse Sportive a crée la Commission de Danse Inclusive.

Avec la collaboration de la Ligue Handisport Francophone (LHF), elle met en place un cursus de formation qui permet d’obtenir un brevet ADEPS spécialisé dans la danse inclusive. 

Ces formations ont pour but de former les différents professeurs des écoles de danse à l’inclusion de personnes en situation de handicap. Elles permettront d’acquérir les outils et connaissances nécessaires pour que toute personne atteinte d’un handicap physique, sensoriel ou d’une déficience mentale puissent accéder à la danse.

Un fond de ressemblance comporte des différences infinies 

Bernard Fontenelle

[an error occurred while processing this directive]